2-Le Journal de Rouen : des annonces à « Paris-Normandie »

  • Journal de Rouen et le Méridien, 12 Messidor an 8 (1er juillet 1800), JPL 3/24
  • Journal de Rouen et du département de Seine-Inférieure, 12 nivôse an II (1er janvier 1794), JPL 3/12
  • Journal de Rouen, 11 décembre 1864, JPL 3/148
  • Journal de Rouen et du département de Seine-Inférieure, 23 juillet 1824, JPL 3/69

Le premier numéro des « Affiches, annonces et avis divers… » est paru le 1er juin 1762, ce qui en fait l’un des plus anciens journaux régionaux de France. Son format est classique, avec quatre pages (sauf le 1er numéro qui en compte 8), une édition hebdomadaire, et un tirage limité à moins de 1000 exemplaires.

Journal du 4 juin 1762, à retrouver en ligne dans nos archives numérisées.

Vers 1791, il prend le nom de Journal de Rouen et du département de Seine- l’année où l’Assemblée constituante réglemente la liberté de la presse et alors que le nombre de lecteurs ne cesse d’augmenter.

Pendant l’année 1800, il devient Journal de Rouen et le Méridien. Tout au long du XIXe siècle, il garde le nom de Journal de Rouen, parfois suivi de « du département de Seine-Inférieure » ou « du département de Seine-Inférieure et de l’Eure ».

Son format varie aussi, avec des pages un peu plus larges, une diversification des articles, et une écriture serrée.

Les tirages des journaux provinciaux restent faibles jusque vers 1870, à l’exception des grandes métropoles régionales, comme Rouen.

C’est grâce à la législation sur la presse au cours du Second Empire (loi du 11 mai 1868), mais surtout au vote de la loi sur la liberté de la presse en 1881, que la presse régionale va accroître son nombre d’exemplaires. La pagination augmente ; on passe de 4 à 6 pages en février 1904, la présentation change, avec une place plus large aux informations locales. Son faible prix, variant de 5 à 10 cts, vendu par abonnement trimestriel, en fait aussi un bon argument de vente ; le journal restant l’un des seuls moyens de distractions et d’informations. A la fin des années 1920, s’opère un changement radical dans la présentation du journal ; certaines rubriques disparaissent, comme « la chambre des députés », « la dernière heure » …, au profit de nouvelles (sport, mode…). Des « gros titres » voient le jour, et les colonnes sont moins « rigides ».

L’arrivée de la radio, pendant l’entre-deux-guerres, concurrence la presse écrite. Un tournant s’opère durant la Deuxième Guerre mondiale : de nombreux journaux disparaissent au profit de nouveaux ; ou leurs titres changent :  Le Journal de Rouen devient Normandie parle français  le 1er septembre 1944 puis Normandie le 4 mai 1945, avant de devenir Paris-Normandie le 1er août 1947.