4-La publicité dans la presse

Avec la Révolution française et la liberté de la presse, commencent à apparaître des petites annonces dans la presse, souvent pour des commerces locaux, ou immobilières. Cependant, quelques « publicités » avaient déjà essaimé bien plus tôt : l’Encre qui ne gèle point est présente dans les pages du Journal de Rouen, le 27 décembre 1767.



Annonces, affiches et avis divers de la Haute et Basse Normandie, 27/12/1767, BMR 260

Mais les premières « vraies » annonces commerciales émanent d’Émile Girardin, en 1836, qui décident de les insérer dans son journal, afin qu’il soit plus rentable. Dès lors de nombreux journaux reprennent le concept. Les publicités sont alors placées à la dernière page du journal et peuvent représenter 1/5 de celui-ci ; ce sont de simples lignes glissées entre deux informations et où peu d’attention est portée au graphisme ; elles sont souvent consacrées aux produits locaux.

18 septembre 1838, JPL3/97
Journal de Rouen, 1922, JPL 3/266

Elles atteignent 20 à 25% de l’espace au début du XXe siècle, avec une présentation différente et une plus grande visibilité. Les publicités se font alors l’écho de produits pharmaceutiques « miraculeux », comme La jouvence de l’Abbé Soury, toujours présente aujourd’hui, et provenant d’un pharmacien rouennais. Elles s’accompagnent de plus en plus d’illustrations ou de dessins (ex : les camions Berliet, Kodak…)

Journal de Rouen, 1915, JPL 3/252

Pendant l’entre-deux-guerres, la publicité est présente sur toutes les pages du journal. Sa présentation évolue également afin de marquer les esprits : de simples encarts entre deux annonces, la publicité peut désormais remplir une page entière, comme celle pour Persil, en pleine page du Journal de Rouen, en 1938 ou celle pour Peugeot dans l’Illustration en 1935. Le budget amené par  la publicité dans la presse n’a cessé de croître depuis plus d’un siècle.


Journal de Rouen, Journal de Normandie, 25 avril 1938, BMR 260