5-Du fait divers à la chronique judiciaire

5-Du fait divers à la chronique judiciaire
  • Le Petit journal illustré,19/01/1870, coll. part.
  • Journal de Rouen, 26/11/1935, BMR 260
  • Le Petit journal illustré, 08/04/1928, coll. part 
  • Le Petit journal sup illustré, 06/12/1890, coll. Part
  • L’univers illustré, 02/10/1869, coll. Part.
  • L’Illustration, janvier 1870, coll. Part.
  • Journal de Rouen et des départements de Seine-Inférieure et Eure, 28/11/1845, JPL 3/111
  • Journal de Rouen, 26/03/1904, JPL 3/226

Le fait divers n’a au départ, dans la presse, qu’une place minime. La presse normande ne s’est intéressée en détail à sa première affaire criminelle qu’en 1816.

Mais au cours du XIXe siècle, les faits divers prennent une place grandissante et se retrouvent même en première page du Journal de Rouen, comme le double empoisonnement des amants, Foucaut et Brument, de Sigy-en-Bray, en 1845. Leur procès y est relaté en détail, sur plusieurs jours, et se lit comme un feuilleton. Fascinant, haletant, le fait divers est un atout majeur pour la vente du journal. Cependant, ne sont relatés, que les crimes dont les hommes, relativement jeunes, issus des classes populaires, sont coupables

Les empoisonnements, arme principale des homicides féminins, sont aussi très présents dans la presse. Le verdict, généralement la peine capitale, est aussi annoncé par les journaux, et la sentence est vécue par la population comme un véritable spectacle ; l’exécution a lieu, jusque dans les années 1930, soit sur la place du village où a été commis le crime (comme dans l’affaire Foucaut/Brument), ou plus tard, sur la place publique de Rouen (la place du Vieux Marché et plus tard  dans la prison comme Bonne-Nouvelle )

Vers la fin du XIXe siècle, les affaires criminelles sont reléguées, en deuxième ou troisième page, mais leur récit est toujours aussi complet, comme pour le procès contre Taillet, au Havre, relaté dans plusieurs journaux locaux.

Parfois, un fait divers national revêt une telle importance que les journaux locaux lui consacrent plusieurs pages, voire des suppléments, comme pour l’affaire Troppmann, le tueur de Pantin, arrêté au Havre, pour lequel le Journal de Rouen offre un supplément spécial de 2 pages.

Dans ces suppléments, le dessin ou l’illustration, apparu pour la première fois dans le Petit Parisien fin 1888, rapidement imité, par le Petit Journal, en 1889, mais en couleur, attire le lecteur ; placé généralement en première page, il peut représenter jusqu’à ¼ du journal.

Les photos viennent remplacer les dessins pendant l’entre-deux-guerres, plaçant le récit au second plan. Ce sont souvent les photos de l’assassin ou de sa victime.

 Jusqu’au début de la IIIème République, ce sont essentiellement les procès d’assises et les exécutions capitales qui sont rapportées en détail. Puis avec l’affaire Dreyfus, la presse rend compte au jour le jour de l’évolution des évènements et le traitement des affaires se diversifie.

Face à ce développement du traitement des affaires criminelles dans la presse, on observe l’émergence d’une nouvelle forme d’article : les chroniques judiciaires. Il faut placer le lecteur au cœur de l’affaire, au centre du prétoire. Les journalistes ne sont pas alors toujours partiaux.