Affiche de la 1ère guerre mondiale « Ce que nous devons à nos colonies »

Questionnaire destiné aux lycéens sur une affiche du fonds Lafond, 169Fi

Affiche 233 : Ce que nous devons à nos colonies

Question 1 : Présentez le document : nature, date et contexte, organisation ?

Question 2 : A l’aide du document, rappelez l’étendue de l’empire colonial français. Selon ce document, quel a été l’apport des colonies à la victoire française ?

Question 3 : A travers ce document, quelle représentation des colonies et des colonisés se dégage ?

Question 4 : D’après vos connaissances, précisez si la France a su se montrer reconnaissante envers les « volontaires indigènes »

Réponses

1) Ce document est une affiche datant de la fin de la guerre, probablement après la fin des hostilités. Elle a été réalisée en France. Elle s’organise en deux parties : dans la partie supérieure, on voit un cavalier arabe à cheval qui porte un drapeau probablement français, avec un décor rappelant l’Afrique du Nord. Ce cavalier fait clairement allusion aux possessions coloniales françaises que sont l’Algérie, la Tunisie et le Maroc (« Protectorats »).

Dans la partie basse, un texte explique comment les colonies ont contribué à la victoire.

2) L’ensemble des colonies a apporté son aide. La France possède des territoires sur les quatre continents : colonies africaines (AOF), asiatiques (Indochine), américaine (Guyane) ou océanienne (Nouvelle Calédonie).

L ‘apport des colonies s’est effectué dans plusieurs domaines, aussi bien au front qu’à l’arrière : un nombre important de soldats (« milliers de volontaires indigènes ») qui « ont combattu avec autant de courage que les Français eux-mêmes », ce qui est une reconnaissance explicite de la part prise par les « indigènes » dans la victoire. Au total 212.000 Africains français servirent pendant la 1ère Guerre Mondiale, 163.000 furent engagés en France et 30.000 environ y moururent. Il faut également souligner que le terme « volontaire » est à nuancer car l’administration coloniale recourait à la conscription obligatoire. Les colonies ont également apporté un approvisionnement en matières premières (« leurs productions »), sans lequel le « ravitaillement aurait été beaucoup plus difficile ». Il est en particulier souligné que c’est « l’arrière » qui a le plus profité de ces « précieux services ».

3) Au premier abord l’affiche donne l’impression d’une véritable unité entre les colonies et la métropole, une véritable union sacrée. : « l’affection commune ». Mais à y regarder de plus prêt, on se rend compte que les soldats venus des colonies sont des « volontaires indigènes », qui ont combattu « avec autant de courage que les Français eux-mêmes », ce qui revient à dire qu’ils ne sont donc pas vraiment des Français.

Il est clair également que les colonies et ceux qui y habitent sont avant tout considérés comme une « réserve » dans laquelle il est légitime de puiser, dont on peut exploiter les ressources. Il faut également noter la première phrase qui fait allusion au fait que certains doutaient déjà avant la guerre du bien fondé de la colonisation « tout le monde ne comprenait la nécessité pour la France de colonies ou de terres de protectorat.». Mais cette phrase, plus qu’une remise en cause de la colonisation qui ne viendra précisément qu’après la première guerre mondiale, doit plutôt être mise en relation avec le débat sur l’opportunité de faire des conquêtes hors d’Europe plutôt que de concentrer les forces de la France à la préparation de la revanche sur l’Allemagne.

4) Le manque de reconnaissance de l’état français envers ces indigènes après la guerre a été flagrant, tout comme envers ceux engagés dans la seconde guerre mondiale (voir le film « Indigènes ». Et cela à deux niveaux : les pensions versées aux soldats indigènes étaient très largement inférieures à celles versées aux « Français » de métropole. Plus largement, l’effort consenti par les colonies n’a provoqué aucun changement dans l’exploitation coloniale.