Antiphonaire, XIVe siècle

Peu d’informations existent sur cet antiphonaire du XIVe siècle, entré par voie extraordinaire dans les fonds des Archives Départementales de Seine-Maritime.

Ce recueil de chants liturgiques tire son nom du latin antiphona, « antienne », refrain d’un psaume. Il contient le texte et la notation musicale des parties chantées des différents offices de la journée (à l’exclusion de l’eucharistie).
Les partitions utilisent le « style neumatique ».

Les signes neumatiques, en usage à partir du VIIIe siècle, correspondent aux accents qui, en grammaire, marquent les inflexions de la voix dans le discours (l’aigu, quand la voix monte ; le grave, quand elle descend). Cet ensemble de signes est généralement noté au-dessus du texte.
Si les neumes, comme les accents dont ils sont dérivés, indiquent que la voix doit monter ou descendre, ils ne permettent pas pour autant de connaître la note d’unisson, ni le rythme, ni les intervalles ou la hauteur des notes.
La mélodie est supposée connue par l’usage. La notation neumatique avait donc pour but d’aider le chantre à retrouver une mélodie primitivement mémorisée « d’oreille ». Outre les défaillances de mémoire, ces signes évitaient la moindre tentation de supprimer, d’ajouter des notes, ou de les grouper autrement.
Le graphisme des neumes a subi les mêmes évolutions que l’écriture en général. Les formes, d’abord cursives et déliées, sont devenues plus larges, plus anguleuses, plus carrées.
C’est au XIe siècle que l’usage de la portée a été introduit : on assiste aux prémisses de la notation solfégique qui connaîtra plusieurs formes successives jusqu’à la Renaissance, où, elle prendra la forme d’une notation carrée sur une portée de 4 lignes.

Cet antiphonaire, en parfait état de conservation, présente une reliure à cabochon, composée d’ais de bois recouverts de peau et agrémentés de ferrures, technique utilisée au Moyen-âge, jusqu’au XVe siècle.
Le rangement à plat des ouvrages et leur utilisation sur des pupitres pouvaient entrainer une usure prématurée des couvertures. Pour éviter ces désagréments, la reliure médiévale s’est adaptée par l’ajout, sur les deux couvertures, de cornières en métal surmontées de clous à chaque angle (appelés bouillons) et une ferrure au centre du plat (appelé ombilic).
Seul le système de fermoir est lacunaire.

Antiphonaire, XIVe siècle

Antiphonaire, XIVe siècle