Aveu à Diane de Poitiers, dame du Rouvray

Dans le fonds de l’abbaye Saint-Vincent du Rouvray (101 H), au détour d’une pièce de papier, l’on rencontre un personnage atypique de l’histoire de France : Diane de Poitiers. En effet, veuve de Louis de Brézé, la favorite du roi de France, Henri II, reprend les titres et droits de son mari. Grâce à cela, elle reçoit les aveux des tenant des terres situées en la seigneurerie du Rouvray dont elle est baronne.

Ce qui interpelle au premier abord, ce sont les titres qui lui sont donnés : duchesse de Valetinois, grand sénéchalle de Normandie, chateleine d’Agnet, Baronne d’Arcye sur Aube, de Garenne, et dame des terres de Bosc Edeline et de Rouvray en Bray.

Cette titulature synthétise le parcours de cette femme en quelques lignes. Directive, attachée à ses droits et prérogatives, elle garde le titre de Grande sénéchale à la mort de son époux, en 1531, protégeant ainsi les droits de ses filles dont Françoise de Brézé, duchesse de Bouillon qui est également mentionnée dans ce fonds.

Mais c’est aussi la Dame d’Henri II, châtelaine d’Anet où elle a fait construire une demeure dans le goût de l’époque  avec un raffinement symbolique de la Renaissance. Cette résidence devient lieu de fête et de rendez-vous royaux pour Henri II, sa femme Catherine de Médicis et la cour. Anet est le lieu de prédilection de Diane qui s’y assimile à la déesse de la Chasse, c’est d’ailleurs dans ce même château qu’elle décéda le 25 avril 1566.

Aveu à Diane de Poitiers - 101H