Carnet de voyage à Londres de Charles Rondeaux de Montbray, (1772)

Ce carnet de voyage est organisé comme un lexique alphabétique. Les mœurs et institutions des Anglais y sont décrites et critiquées de manière acérée. Le carnet est accompagné d’un panorama imprimé de Londres ainsi que d’un passeport pour l’Angleterre accordé à Charles Rondeaux de Montbray. Celui-ci n’est âgé que de 19 ans lors de son périple. Il connaît Londres, où il s’est déjà rendu en compagnie de son père Jean Rondeaux, conseiller à la Cour des comptes, aides et finances de Rouen. L’admiration de ce dernier pour la monarchie britannique semble alors connue.
Charles Rondeaux de Montbray est un esprit précoce : il obtient à 13 ans en 1766 le premier prix de botanique décerné par l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen et y est élu membre à seulement 18 ans.
Il accueillera avec enthousiasme la Révolution et ses réformes et sera élu maire de Rouen à la fin de l’année 1792.

C’est également l’arrière grand-père maternel d’un personnage célèbre : l’écrivain André Gide. Enfant, André Gide passe ses vacances entre Rouen, Cuverville-en-Caux et le Languedoc, région d’origine paternelle. C’est ce qui lui fera revendiquer son manque d’enracinement à de maintes reprises :
« Entre la Normandie et le Midi je ne voudrais ni ne pourrais choisir, et me sens d’autant plus Français que je ne le suis pas d’un seul morceau de France, que je ne peux penser et sentir spécialement en Normand ou en Méridional, en catholique ou en protestant, mais en Français, et que, né à Paris, je comprends à la fois l’Oc et l’Oïl, l’épais jargon normand, le parler chantant du Midi, que je garde à la fois le goût du vin, le goût du cidre, l’amour des bois profonds, celui de la garrigue, du pommier blanc et du blanc amandier. »

Carnet de voyage à Londres de Charles Rondeaux de Montbray, (1772)

Carnet de voyage à Londres de Charles Rondeaux de Montbray, (1772)