Conte de mai

Sur l’étal vide d’un fleuriste fermé

Quelque chose l’avait interpellée

Avait-elle rêvé ?

Louise revint sur ses pas pour s’en assurer

– Psst mademoiselle, un p’tit brin de muguet ?

– Mais d’où viens-tu toi ?

  Tu n’es pas confiné dans les bois ?

Le p’tit brin baissa ses clochettes

Et avoua tout penaud

– Ben non, j’ai pris la poudre d’escampette

  Pris aussi tous les risques, joué au héros

  Sans attestation ni permission

  Juste pour remplir ma noble mission

– Ah oui mais quelle est-elle donc ?

– Faire plaisir aux citadins

  Mais pas n’importe lesquels …les écrivains !

Louise se sentit rougir soudain

– J’écris un peu, tu sais, chaque matin

  Quelques vers en regardant mon jardin

  Tu veux venir embaumer ce 1er mai 2020 ?

Le p’tit brin ne se fit pas prier

Et se faufila entre les tresses du panier

Ces deux-là savaient déjà

Que le bonheur pouvait aussi exister

Au pays des confinés .

Catherine May- Scheuer