Copie d’examen du certificat de fin d’études normales, (1916)

La composition exécutée par l’élève Roussel pendant la Première guerre mondiale s’ouvre sur le dessin d’un soldat français. La devise Qui vive ? France ! est empruntée à la Ligue des patriotes, organe fondé par Paul Déroulède après la guerre de 1870. Cette association se donnait notamment pour but « la propagation de l’éducation militaire et patriotique ».

Le sujet de l’examen se prête particulièrement au patriotisme développé dans la copie : Développez, commentez et appréciez en les illustrant par des faits et des exemples historiques ces passages de deux grands écrivains : « Si l’on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang et d’or et d’efforts de toutes sortes qui ne devaient profiter qu’au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu’au ciel » Michelet. « Il faut que la France soit grande afin que la terre soit affranchie » Victor Hugo.

Mettant en avant le « courage des Francs » ou « l’œuvre gigantesque de la France de 89 », le futur instituteur affirme « l’évidente supériorité » de la France « sur l’odieuse culture germanique » : la France « a voulu et su travailler pour l’humanité (…). Elle est la nation qui chasse les ténèbres de l’ignorance et qui guide vers l’éclatante vérité ». Ce devoir, jugé consciencieux et soigné » reçoit la note de 15/20. Les examens de la troisième et dernière année de l’école normale comportent depuis 1905 cette épreuve écrite visant à apprécier la pédagogie de l’élève. Celui-ci choisit son sujet dans une liste deux mois avant l’examen. Il doit également réaliser une leçon orale et répondre aux critiques et questions sur son travail écrit.

De nombreuses autres copies d’examens illustrées sont conservées pour la période 1913-1916 dans le fonds de l’école Jean Mullot de Rouen (1 T). Celle-ci était école d’application de l’Ecole Normale de garçons. C’est pourquoi certains directeurs de l’école primaire ont joué un rôle très actif auprès des élèves instituteurs, dont M. Nicquet, qui a corrigé cet ensemble de copies. Elles offrent un regard sur l’état d’esprit d’une certaine élite culturelle pendant le conflit et sans doute aussi un moyen de mesurer les effets de la propagande.

Copie d’examen du certificat de fin d’études normales, (1916)

Copie d’examen du certificat de fin d’études normales, (1916)