Entretien avec Marie Trépanier, américaine fan de généalogie

muchedent_FRAD076_012Fi_320De Minneapolis à Muchedent

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Marie Elizabeth Trépanier. Infirmière à la retraite, je suis née en 1947 à Iron Mountain dans le Michigan, aux États-Unis. Les parents de mon père étaient tous les deux des canadiens francophones : Clément Joseph Trépanier (1878-1944) et Marie-Anne Groleau (1888-1959). Lorsque j’avais 3 ans, ma famille a déménagé à Minneapolis dans le Minnesota. Ma « grand-mère »[1], Marie, a vécu avec nous à l’été 1959 et c’est là que j’ai appris qu’elle parlait français. Elle était très heureuse d’apprendre que l’un des prêtres de notre paroisse parlait français à cette époque et qu’elle pouvait aller se confesser en Français !

Pourquoi êtes-vous venue en France ?

Je suis venue le 4 mai 2017 pour la Foire de Tours, ville jumelée avec Minneapolis. Cela fait 25 ans cette année, c’est pourquoi la Foire de Tours présentait des personnes, des endroits et des plats de Minneapolis et du Minnesota. Par ailleurs, je chante avec un groupe appelé « Les Canadiens errants » ; deux d’entre nous sont venus et y avons chanté des chansons de « voyageurs »[2].

Le Minnesota a un lien très fort avec l’histoire des canadiens francophones ; la langue officielle a été le français pendant 220 ans, et nous voulions que les visiteurs de la Foire soient conscients de cette « French connection ».

J’ai prévu de visiter Rouen après quelques jours à la Foire car je savais que je pourrais louer une voiture pour aller jusqu’à Muchedent. J’avais appris que j’avais un ancêtre qui était parti de là pour le Québec.

Comment et quand avez-vous découvert que vous aviez des ancêtres français ?

Il y a environ 20 ans, il y avait un groupement appelé la Société franco-canadienne du Minnesota. Il y avait de nombreuses personnes réalisant leur généalogie à cette époque, et cela a piqué ma curiosité. J’ai aussi fait connaissance de cousins Trépanier de l’Ontario au Canada et ils avaient réalisé beaucoup de schémas des branches familiales pour un projet scolaire, ce fut un bon début.

Que saviez-vous de vos ancêtres avant votre voyage en France ?

Il y a un ensemble d’ouvrages, 30 je pense, intitulés “Nos ancêtres canadiens » par Thomas La Forest. Chaque volume renferme quelques histoires familiales d’ancêtres de France. J’en ai trouvé une dans le volume 5, une famille nommée Trépagny de Muchedent ! Je l’ai situé sur une carte et je savais que je devais y venir ! J’espérais y trouver des archives paroissiales. J’ai envoyé un fax à la mairie, avant de partir de la maison, mais je n’ai reçu une réponse que lorsque j’étais déjà à Rouen et que j’avais rendu ma voiture de location. Quand je m’y suis rendue en voiture, je n’ai vu personne. Je m’y suis promenée quelques minutes (c’est minuscule), la mairie était fermée, je suis donc retournée à Canteleu où je séjournais.

Qu’avez-vous appris grâce à votre voyage ?

J’ai trouvé l’Office de Tourisme de Rouen, et en discutant j’ai découvert que des archives sur la Normandie se trouvaient à Rouen, j’étais enthousiaste et j’y suis allée le lendemain. Si j’avais entendu parler des archives avant, je serais venue avec les noms et les dates que j’ai collectés à la maison.

Les cadres des archives m’ont aidée à trouver le nom des parents et de la sœur de l’homme qui a migré au Québec en 1622. ils m’ont parlé d’une commune appelée Etrepagny. Je dois absolument revenir la visiter, pour y connaître son histoire et s’il y a des gens qui y vivent qui portent encore ce nom. Ils m’ont signalé aussi un acte d’anoblissement d’un autre de mes ancêtres, Claude d’Estrepagny en 1589, tellement intéressant !

[1] En français dans le texte

[2] En français dans le texte