Patois polletais

Compliment adressé à S.A.R. la duchesse de Chartes par les pêcheurs du fauxbourg du Pollet-les-Dieppes, [1815], 6 M 1184.

« Quoique le français soit la seule langue parlée dans le département de la Seine-Inférieure, le peuple a conservé néanmoins plusieurs patois différents et faciles à distinguer…, la langue que parle un peuple pêcheur ne pouvait être à beaucoup d’égards la même que celle d’un peuple cultivateur ou fabricant ».

Cette remarque, tirée d’un  rapport établi à la demande du préfet de la Seine-Inférieure au début du xixe siècle, est suivie d’une énumération des différents patois, dans lesquels sont notés l’influence du picard, l’emprunt aux langues étrangères et la persistance de mots issus de l’ancienne langue romane. Le parler des pêcheurs du Pollet, village proche de Dieppe, est présenté comme le plus remarquable. En 1815, une nouvelle enquête donne des précisions sur ces « patois normands », et plus particulièrement sur le patois cauchois,  avec un lexique des principales expressions relevées dans l’arrondissement du Havre.

Les enquêtes menées par les préfectures consignent partout en France des traductions de textes similaires, notamment la Parabole de l’Enfant prodigue. Certains textes locaux sont traduits également, à l’image de ce compliment de polletais offrant un poisson au roi…. Le texte nous permet de voir les points communs du polletais et du cauchois (« pesson ») tout comme les différences majeures : « mangé » ou « maqué », « plaisir » ou « plaisi »… : « A propos du roi, zavons pêqué un pesson qu’est d’aigne d’ête mangé par sa sacrée bousse ; le v’la si vo voulai le receva, vo no ferai fermant de plaisir ».

Document à retrouver dans l’exposition « 1000 ans de Normandie »

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