Cliquez ici pour accéder à la galerie d'images

LE COLLEGE DE BOURBON

Soucieux de faire face à la montée du protestantisme jugée dangereuse pour l’unité du royaume, le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Rouen et oncle du futur Henri IV, a mis tout en œuvre pour que la ville puisse disposer d’un collège où elle formerait ses élites dans l’esprit de la toute récente Réforme catholique. Pour cela il a fait appel aux Jésuites.

Fondée à Rome en 1540 par Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus, dont les membres vivent selon la « règle », a un apostolat actif parmi les hommes. Leur influence s’exerce dans de nombreux domaines : enseignement, prédication, recherche scientifique, théologie, direction de conscience. Efficaces et organisés, défenseurs de l’Eglise romaine et du Trône, ils seront l’objet de nombreuses attaques et persécutions. Afin d’accueillir ses protégés à Rouen, le cardinal fait l’acquisition en 1583 du manoir du Grand-Maulévrier. Il deviendra le collège de Bourbon (puis le lycée Corneille). Ouvert au mois de février 1593, il ne fonctionnera vraiment qu’à partir de 1604, du fait des tribulations politiques et des représailles qui s’ensuivent à l’encontre des Jésuites,

Le collège de Bourbon connaît un succès rapide. Les élèves obligés naguère d’aller étudier à Caen ou à Paris sont bientôt au nombre de 1500. Neuf classes composent l’ensemble du collège. On y étudie le grec, le latin, la philosophie et la théologie. Une éducation morale rigoureuse y est dispensée. Former des catholiques fidèles est en effet l’objectif de l’enseignement des Jésuites. Toutes sortes d’exercices accompagnent cette éducation, tels le détachement intérieur, la prière et l’exercice de la volonté. La poésie et l’art dramatique figurent au programme. Les élèves écrivent de courtes tragédies, les mettant eux-mêmes en scène. Des concours, propres à susciter l’émulation, sont organisés. Cet enseignement propre à former des rhéteurs plutôt que des savants souffre peut-être d’un caractère finalement trop superficiel.