Plan aquarellé des curanderies

Ce plan manuscrit aquarellé présente les rivières de la Bresle et de la Somme ainsi que les élévations des principaux édifices religieux normands et picards. La cathédrale de Rouen est ainsi représentée. Des ronds jaunes et bleus signalent les curanderies installées au bord des rivières. En effet, ces corporations ont besoin d’eau vive et claire pour leurs activités. Seules quelques provinces, dont la Normandie, emploient le terme de curanderie. Il s’agit de mettre les toiles au curage, c’est-à-dire à la blanchisserie (action de rendre blanc).

Comme toute corporation d’Ancien Régime, ce corps de métier est très réglementé. Les blanchisseurs ou curandiers de l’étendue de la généralité de Rouen et d’Alençon ne peuvent pas recevoir dans leurs établissements des toiles sans la marque de Rouen. Il leur est aussi défendu de se servir de chaux dans le blanchissage comme le stipule le réglement des toiles pour la Normandie du 24 décembre 1701.

Ce plan est l’annexe d’un tableau qui indique les curanderies établies, les dates des arrêts autorisant les inspecteurs à se transporter dans les blanchisseries, les noms des villes et des paroisses, le nom des curandiers et le nombre de curanderies dans chaque lieu.

Le terme de curandier n’est plus utilisé actuellement mais nous trouvons encore sa trace à Rouen au XIXe siècle. Gustave Flaubert dans son oeuvre Madame Bovary cite le quai des curandiers à Rouen.

Ces documents font partie d’un ensemble relatif à l’inspection des toiles faites dans le pays de Caux et au bureau de Bolbec entre 1751 et 1762. Ils sont conservés dans le fonds 98 J et proviennent d’un don des Archives du Calvados en 1959.

Plan aquarellé des curanderies

Plan aquarellé des curanderies