Riche correspondance d’un poilu sur le front, J 1636.

Gaston Olivier est né le 26 mai 1884 à Wambrechies dans le Nord. Il passe sa jeunesse dans sa région natale, puis effectue son service militaire au sein du 148ème régiment d’infanterie à Givet de 1905 à 1907. L’année suivante, il épouse Berthe Lemahieu ; tous deux sont issus de familles modestes. Pour des raisons professionnelles, ils quittent le nord de la France pour s’installer un temps en région parisienne avec leurs deux enfants, Georges et Lucien. En 1913, ils déménagent à Petit-Quevilly, Gaston Olivier est alors employé comme sous-directeur à la Société rouennaise d’engrais et de produits chimiques.

En août 1914, il est mobilisé et convoqué à la caserne Pélissier de Rouen pour un départ dans la Grande Guerre sans retour le 9 août 1914. Il est affecté à la 21e compagnie du 6ème bataillon du 274ème régiment d’infanterie et part combattre dans les Ardennes en laissant sa femme et ses trois enfants dont Suzanne âgée seulement de quelques mois. Dès le 10 août, il écrit son carnet de route, et entretient les liens avec sa femme et ses proches dans une correspondance quotidienne. Ces écrits sont le témoignage précieux de ses conditions de vie sur le front et dans les tranchées ; il y évoque, notamment, un repas de Noël partagé avec les ennemis en toute fraternité. On y découvre également le contenu des colis envoyés et les difficultés d’acheminement en raison de leur grand nombre et des censures opérées. Les nouvelles données à son épouse sont très souvent rassurantes mais elles ne reflètent pas la réalité : Maurice écrit à son frère Gaston et lui raconte précisément les évènements d’un combat au cours duquel il a été blessé. Malgré le contexte très dur de la guerre et l’éloignement, Gaston Olivier se soucie du bien-être de sa femme et de ses enfants, de leur éducation ainsi que des préoccupations financières du foyer. Il meurt le 15 janvier 1915 après six mois de combat dans les tranchées, en raison de l’explosion d’une bombe qui le blesse mortellement à la tête. Son épouse apprend la nouvelle dans une lettre écrite par son ami et camarade de guerre, nommé Sevestre.

Enfin cette collection de correspondance contient des illustrations et croquis, des cartes postales et des lettres écrites sur des enveloppes quand le papier manquait.

L’ensemble de cette correspondance est désormais, depuis peu, conservée aux Archives départementales de la Seine-Maritime, et a été retranscrite par son petit-fils, Alain Chaupin, dans un ouvrage intitulé Afin de ne jamais oublier : vie et mort d’un poilu héroïquement ordinaire Gaston Olivier, soldat au 274ème R.I. [correspondance retranscrite et commentée par Alain Chaupin]. Parçay-sur-Vienne : éditions Anovi, 2008. 334 p.