Contrat de mariage de Julienne d’Estrée

Par Justine Ledoux

Registre du tabellionage de Rouen, 1597, 2E1/2038

Le 7 janvier 1597, en présence du roi Henri IV, qui y appose sa signature, est conclu le contrat de mariage entre Julienne d’Estrées et Georges de Brancas, sieur de Villars, gouverneur du Havre. Georges de Brancas était fils d’Aymond de Brancas et de Catherine de Joyeuse. Julienne d’Estrées était la fille d’Antoine d’Estrées, gouverneur de Paris, et de feu Françoise de Babou, et bien sûr la sœur de Gabrielle d’Estrées, la célèbre maîtresse d’Henri IV. Pour son mariage, Julienne d’Estrées est gratifiée d’une importante dot de 40000 écus, dont 10000 écus donnés par sa sœur Gabrielle, marquise de Monceaux, et 30000 donnés par le roi, « en considération de madite dame la marquise ». Le douaire* est fixé à 2000 écus de revenu annuel.

Le roi était présent à Rouen depuis le 16 octobre 1596, il en repartit le 6 février 1597. Il y convoqua l’Assemblée des Notables qui se tint du 4 novembre 1596 au 26 janvier 1597, dans la grande salle de l’abbaye Saint-Ouen. Il y autorisa la rédaction de doléances, et l’Assemblée consentit à la levée d’une nouvelle taxe pour financer la guerre contre la Ligue.

Lors de ce séjour à Rouen, Gabrielle d’Estrées donna naissance le 14 novembre 1596 à sa fille Catherine Henriette de Bourbon, le deuxième enfant qu’elle eut du roi Henri IV. Au bas de ce contrat, en plus des signatures du roi, d’Antoine et de Gabrielle d’Estrées, se trouvent plusieurs autres signatures de personnages éminents ayant assisté à ce mariage, en particulier celles d’Henri de Bourbon, duc de Montpensier, gouverneur de Normandie, Henri duc de Montmorency connétable de France, et Pierre de Donadieu de Puycharic, sénéchal d’Anjou et gouverneur du château d’Angers. En outre, il est à noter que les registres du tabellionage de Rouen de cette période particulière comptent un grand nombre d’actes touchant à des personnages de la Cour. On trouve par exemple sous la cote 2 E 1/962, un marché passé entre Catherine de Clèves duchesse de Guise et Antoine Auzerauld, marchand, pour la fourniture de viande et poisson pendant un an (9 janvier 1597).

*Le douaire est le revenu accordé par le mari à sa femme, dans le cas où elle lui survivrait. On parle d’une douairière.